jeudi 10 janvier 2008

c'est l'printemps ?




pas encore, mais avec un brusque redoux certaines bébètes se réveillent... j'ai une ruche dont les abeilles sont allègrement parties butiner... je ne sais quoi d'ailleurs...
dans une flaque sur le chemin devant la maison nageait cet après-midi un dytique : environ 12mm çà devait être quelque chose comme "Colymbetes fuscus L." de son nom savant...
il semblerait que l'on puisse le rencontrer presque toute l'année : c'est un petit coléoptère qui vit dans l'eau et vient respirer en tendant le bout de son abdomen à la surface pour prendre des réserves d'air... il nage avec ses pattes arrières adaptées pour cela : elles comportent des cils qui les transforment en rames...
il peut voler - surtout la nuit - et cela lui permet de changer de point d'eau quand il en a envie ou que par exemple le point d'eau s'assèche en été...

c'est le genre de bébète que vous trouvez rapidement dans une bassine d'eau que vous posez dans votre jardin en été : ils repèrent la surface brillante, vue du ciel, lors de leur vol, et s'y laissent alors tomber...
il m'est arrivé plusieurs fois de voir de gros dytiques, et hydrophiles aussi (c'est un autre coléoptère : les deux, énormes et beaux, peuvent atteindre 45mm - le premier carnivore et le second herbivore - se trouvent dans nos mares, hélas de plus en plus rares) il m'est arrivé de les voir atterrir, malheureusement souvent se tuer en se fracassant sur... une voiture automobile d'une couleur foncée... qu'ils ont prise pour une grosse flaque d'eau brillante vue du ciel... cela veut dire que ce "trompe l'oeil" doit faire pas mal de dégats dans leurs rangs... y compris probablement les plastiques noirs agricoles...

lundi 7 janvier 2008

et au jardin ?






ben dans le mien c'est pas rose... ni avant le "grand froid" et encore moins après...
pas mal d'échecs cette saison, en raison du yoyo du temps : l'alternance froid-humide et nuits trop froides chez nous, même cet été, jours trop ou pas assez chauds, etc... et en particulier présence cette année de prédateurs (mulots, campagnols, rats des moissons) qui ont "liquidé" mes carrés (environ 3 ares) de céréales en s'y attaquant durant la période de mûrissement... pourtant elles étaient assez bien venues (sauf l'orge et l'avoine plus clairsemées que blé et seigle).
Mais un mois avant la récolte çà a commencé : tous les jours quelques épis décapités ou couchés à terre, de sorte qu'à la fin il n'en restait plus un seul...
et je ne pouvais rien faire sauf éventuellement empoisonner les rongeurs... mais çà je ne voulais pas... alors on recommencera l'an prochain pour voir s'il s'agissait d'une prolifération exceptiponnelle : si ce n'est pas le cas ce serait risqué pour la survie ... en, cas de nécessaire autarcie réelle...

les pommes de terre ont réussi mais même là une partie de la récolte est passée dans le ventre des campagnols... (le climat a fait qu'apparemment ils se multiplient non-stop : j'ai trouvé un nid de mulot en décembre donc à l'entrée de l'hiver...)

aujourd'hui j'ai testé quelques trucs pour voir ce qui tient au froid :
pour les poireaux sur la photo j'ai triché : j'avais réussi à faire de beaux replants à partir de mes propres semences... ils ont hélas été décimés par la mouche du poireau... pour me dépanner j'en ai donc acheté dans le commerce... et pour les conserver... je les plante dans le jardin où ils continuent de pousser...

bon point pour les choux fourragers... (ils ont beau être fourragers ils sont délicieux à manger et se sont bien tenus...), et sinon il ne reste pas grand chose d'autre : si, les navets jaunes aussi ont bien tenu y compris les fanes en partie gelées mais qui ont tendance à repousser au moindre coup de douceur...

quelques sauvages comestibles bienvenues encore : beaucoup de cardamine hérissée, un peu de mâche revenue spontanément mais délicate quand même car j'en avais semé pas mal, issues de semences de l'an dernier...il semblerait par contre qu'elle puisse "veiller" une année et venir seulement la seconde année... on verra bien.
beaucoup de mouron aussi...




et le raifort officinal : très bon condiment, mais semé trop tard il reste petit... viendra cependant au printemps...



même du lamier pourpre en fleurs...

dimanche 6 janvier 2008

après le froid

l'eau des souilles de sanglier dégèle doucement, après quelques journées de grand froid (il a fait jusqu'à moins treize durant plusieurs nuits successives)











il reste pourtant pas mal de verdure intéressante... et même, bizarement, le paysage est encore coloré...





la cardamine amère et quelques autres comme la cardamine hérissée font très bien office de "persil ou condiment sauvage" (elles sont piquantes) et, hachées sur les préparations et salades, peuvent apporter quotidiennement et durant tout l'hiver une quantité intéressante de vitamine C... il y a tout l'hiver des tapis entiers de cardamine amère le long des ruisseaux... (si récoltée dans l'eau, elle est rapidement passée à l'eau chaude pour préserver de la douve bien que mes chèvres qui broutaient toujours là n'aient jamais eu de problème)
tout cela dans ce que j'appelle la mangrove : un enchevêtrement spectaculaire de saules marsault... (c'est là aussi que se plaisent les sangliers et que j'ai rencontré le ragondin...)









la veronique "cresson de cheval" veronica beccabunga est aussi une verdure bonne à manger... et elle tient bien l'hiver... elle pousse aussi dans les terrains humides et le long des ruisseaux... je pense que c'est surtout la présence de l'eau courante des ruisseaux qui "tient chaud" par périodes de grand froid...

jeudi 3 janvier 2008

les aliments de l'autarcie

je vais essayer de les passer en revue en les examinant plus précisément sous l'angle de l'autarcie. ...
ce sont des aliments que l'on peut facilement produire soi-même et reproduire : car il s'agit de les perpétuer en faisant ses propres semences... et replants...
en autarcie il n'est pas prévu d'aller acheter des graines ou des plants - si aujourd'hui on le peut... il n'est pas sûr que ce sera toujours le cas...
or produire des semences demande un soin tout particulier pour faire arriver une plante à terme... ; si les annuelles produisent des graines au bout de la saison, les bisanuelles devront être soignées jusqu'à la saison suivante et il faut alors arriver à leur faire passer l'hiver sans encombre, dehors, ou à l'abri, à l'intérieur...

(les plantes annuelles sont celles qui, semées au printemps, poussent et fructifient (donnent des fruits ou graines) à la fin de la saison c'est à dire en été ou en automne...
les plantes bisanuelles sont semées dans l'année, et selon le cas elles sont utilisables dans l'année ou l'année suivante, mais elles ne feront des graines que l'été de l'année suivante... quant aux plantes appelées vivaces : elles se débrouillent toutes seules et repoussent tout le temps à partir du même pied... elles peuvent bien entendu aussi faire en plus de cela des graines en général dans l'année... mais ce sont des plantes que l'on n'a pas besoin de semer ou planter tous les ans... des plantes particulièrement intéressantes car elles "poussent toutes seules"...)

à l'expérience on constate que les aliments de l'autarcie ne sont pas forcément les aliments que nous mangeons couramment aujourd'hui : il faut avoir six à neuf mois de stocks, voire une année entière jusqu'à la nouvelle récolte... il faut que la production soit certaine, que le stockage soit sûr et efficace... sous peine de risquer la disette... car on part du principe que l'on est dans un monde où l'on ne peut rien acheter : il faut produire soi-même tout ce dont on n'a besoin.

si par exemple je n'ai aucun problème pour aujourd'hui aller acheter 500g de lentilles et un kilo de tomates... il n'est pas du tout certain qu'en autarcie j'arrive à les produire... les lentilles sont de culture délicate et de rendement faible... (chaque gousse ne renferme que deux petites lentilles... : il faut donc des surfaces, des soins et un travail importants pour en avoir une certaine quantité - facile en agriculture industrielle avec des machines... mais pas du tout évident si l'on cultive manuellement...) quant aux tomates, elles craignent le froid et l'humidité... les plants ne sont pas évidents à faire dans une maison peu chauffée... (il n'y a pas de serre en plastique ni même en verre, en autarcie) et il faut éventuellement selon la région où l'on vit, envisager de cultiver autre chose et se passer de ces produits ... ou encore si on arrive à en produire un peu, ce sera un produit "de luxe" juste pour améliorer l'ordinaire l'une ou l'autre fois...
ce sera plus une culture facultative par opposé à la culture du "nécessaire basique"...

personnellement je suis dans le nord-est de la France et mes expériences se limitent donc à une région froide en hiver, et de fond de vallée humide de semi-montagne... (Vosges du Nord)

les produits de l'autarcie vont donc varier énormément selon l'endroit où l'on vit : le type de sol est important aussi puisque selon le cas on pourra cultiver certaines choses en sol argileux et alcalin mais il faudra cultiver autre chose en sol humide et acide... ce qui est mon cas...

mardi 1 janvier 2008

toujours prêt

c'est un mélange - très variable - que nous essayons d'avoir toujours sous la main : il nous sert de petit déjeuner, d'en cas de "petite faim", parfois de déjeuner et de souper selon le cas, l'envie, le besoin, de dépannage aussi... il est donc bon d'en avoir toujours un peu en réserve... et pour cela de le préparer quasi quotidiennement ou sinon tous les quelques jours, puisque çà se conserve très bien...
(en autarcie, comme on est libre, la tendance est plutôt de manger quand on a faim et non pas quand l'heure nous le commande : on mange alors nettement moins)...

c'est un mélange qui ressemble un peu à un muesli, ou encore un composant de barre de céréales mais qui n'est pas une barre de céréales, car en vrac et souvent ne contenant même pas de céréales... :-)

la composition varie aussi beaucoup selon ce que l'on a sous la main ou selon la rotation que l'on a envie de faire en changeant l'un ou l'autre ou plusieurs ingrédients...

alors on y met quoi ?



- des fruits secs : pommes séchées, quetsches ou pruneaux, mirabelles, raisins, poires... on a tout intérêt à avoir de bonnes réserves de fruits secs pour toute l'année. Ce sont des choses qui poussent toutes seules à partir d'un certain moment et qui ne font donc pas beaucoup de travail de culture... la vigne doit être résistante et ne pas nécessiter de traitements (nous avons une vieille vigne sauvage qui pousse toute seule : raisin pas hyper sucré mais un peu acidulé... très bon)

le travail le plus important consiste à sécher tout cela au soleil en été et à la chaleur de la cuisinière ou du poêle le reste du temps... il y a pratiquement en permanence quelque chose (actuellement des rondelles de pommes) qui sèche sur nos fourneaux...

on peut varier en trichant un peu, si on en a envie, avec du "non autarcique" : dattes, figues, amandes, abricots secs...

- céréales : l'avoine est la plus intéressante car se transforme en flocons en la passant au moulin manuel... le blé aussi, surtout malté car il est alors sucré et prend un goût "d'ovomaltine"... mais là il faut le faire germer et griller dès que le germe apparaît... toute la maison embaume alors le malt... le blé malté est moulu ensuite...
mais céréales : j'en utilise assez régulièrement personnellement, et pour l'instant... alors que sabine n'en utilise quasiment pas... ne les appréciant pas trop. mais une autre raison est qu'en autarcie la céréale est assez difficile à cultiver pour en obtenir une grande quantité. nous en faisons un peu pour en avoir pour diverses utilisations ponctuelles, mais très peu et de ce fait... ne mangeons par exemple plus de pain. cela fait beaucoup de travail et d'énergie en moins... et pain et céréales sont d'ailleurs des produits que certains discutent du point de vue de leur intérêt alimentaire...

- oléagineux : c'est noix, noisettes, lin, tournesol, courge, pavot, onagre, selon le cas pilé ou moulu... (le moulin à pavot et autres petits oléagineux est un moulin manuel spécial en fonte de Porckert)
les graines de courge proviennent de la courge à pépins qui fait des pépins sans enveloppe. mais cette année nous n'en avons pas alors nous décortiquons - c'est fastidieux mais çà marche - les graines de potimarrons (que nous gardons toujours à cet effet - aussi pour les ressemer d'ailleurs)...
en "non-autarcique" si l'on veut encore varier, on peut mettre graines de sésame grillées, noix de cajou, pignons de pin, etc...

tout cela est découpé/haché pour les fruits secs, et ensuite pilé ensemble ou séparément puis finalement tout ensemble dans un grand pilon strié de type suribachi...
bien entendu on ne met pas de tout à chaque fois sauf à n'en mettre qu'un peu mais on peut varier en mettant tantôt une chose tantôt une autre...

si l'on ne met pas de fruits secs on peut saler aussi, la préparation...

on peut aussi la sucrer avec un peu de miel si on veut mais elle se mange très bien telle quelle, les fruits secs suffisant à apporter pas mal de sucre...
on peut manger tout cela sec, en mastiquant consciencieusement... ou humidifié par exemple avec un peu d'eau, ou encore avec le jus de cuisson concentré fait à partir d'épluchures et trognons de pommes...
on peut bien sûr aussi mettre des fruits frais en saison : une pomme est de texture différente selon qu'elle sera cuite, sèche, rapée, ou encore écrasée crue et pilée...
si l'on est "laitages" on peut bien sûr aussi rajouter au choix lait, crème, yaourt ou fromage blanc... (laits végétaux aussi)

on peut encore "modifier" les céréales... : avec une farine, farine de chanvre (achetées les graines puisqu'on n'a pas le droit de les produire pour l'instant), farine de maïs, blé, avoine, orge, seigle, etc... du sarrazin, ou du millet aussi,le pavot est meilleur aussi, etc... si l'on fait une préparation avec un peu d'eau et que l'on fait griller de fines galettes un peu façon crosti... ces galettes sont pilées ensuite au suribachi (notre mortier strié) pour les réduire en miettes ou poudre... le tout est ensuite rajouté à notre mélange...
cela permet des tas de variantes en composition et en goût, et une graine cuite ou grillée n'est pas pareille qu'une graine crue : nous trouvons qu'elle a meilleur goût et qu'elle passe mieux...

pour donner un goût puissant et agréable on peut griller noisettes, lin, tournesol, onagre, avant de les moudre... ou piler... etc... bref beaucoup de variantes possibles si on est inventif...

lundi 31 décembre 2007

à chaque jour son bois...



chaque jour... ou presque... mais il faut quand même essayer d'y aller régulièrement si l'on veut faire une rotation correcte de son stock de bois : nous avons une cuisinière à la cuisine, et un poele en faïence dans le séjour : en hiver ils sont allumés le matin et éteints le soir, en été c'est surtout la cuisinière qui sert... pour cuisiner... mais nous passons quand même de un à deux cageots de bois par jour... à multiplier par environ 365...
et il est nécessaire d'avoir une bonne réserve suffisamment à l'avance : le bois doit avoir séché de quelques mois à une année, si c'est du bois mort et rentré déjà relativement sec...
si l'on prend du bois vert, frais coupé... il faut le stocker encore plus longtemps... un an et demi au moins... cela dépend des essences aussi... et de la taille du bois...





plus de fleurs en hiver, mais plein d'autres choses à voir...
champignons et lichens sont magnifiques actuellement...







les fruits du charme pendent encore aux arbres...
des feuilles persistent sur les jeunes hêtres ; les bourgeon du hêtre sont de vrais poignards très fins et pointus, alors que ceux du charme son plus épais et moins pointus...
ceux qui aiment la botanique pourront s'amuser à déterminer les arbres et les arbustes rien qu'en examinant leurs bourgeons et les cicatrices laissées par le point de fixation de la feuille qui est tombée des rameaux... j'en montrerai des exemples une autre fois. les feuilles tombées au sol aident aussi, bien entendu...



les fruits de l'aulne glutineux font office de petites décorations de Noël...






la mousse recouvre les troncs de hêtre : ils ressemblent à de gros monstres verts...




la digitale toute belle malgré les grosses gelées qui viennent de passer : vénéneuse, elle est à ne pas confondre avec la consoude, qui lui ressemble un peu, si l'on est amateur de plantes sauvages comestibles - mais il n'y a pas de consoude en hiver, de toute façon...




d'autres monstres en forme de grosses araignées sont constitués par des sapins tombés lors de la tempête de noël 1999... ils ne se décomposent que lentement... les forestier n'aiment pas trop les sapins tombés car leur bois met longtemps à pourrir et il faut faire pas mal de gymnastique pour les escalader si l'on veut se déplacer en forêt...




je me suis étonné que parfois certains gros géants restent à pourrir en forêt, car çela fait quand même une certaine quantité de mètres cubes de bois perdus... (enfin pas pour tout le monde car champignons et insectes s'y installent... et après... ben les pics se régalent des larves d'insectes... puis le tout finit en compost...)
il s'agit de vieux arbres qui "ont vu la guerre" ... et certains sont criblés d'éclats d'obus... on les passe alors au détecteur de métaux : s'il y en a trop on renonce car les dégats dans les lames de scie peuvent être trop importants...
tiens, je ne l'avais pas vue en faisant la photo : une fée qui vole juste au-dessus de mon tronc...

samedi 29 décembre 2007

ottawa

ottawa, découvreur de ragondins, c'est lui... ou plutôt elle - dix printemps déjà (en garde chez nous durant les fêtes, son patron étant parti une bonne semaine à l'autre bout du monde)...





ottawa est un bon chasseur de campagnols aussi : nous avions un labrador noir qui remplissait cet office... et après lui une femelle braque tout aussi efficace.
avons hésité à reprendre un chien... le temps de réfléchir... à divers problèmes comme la nécessité en autarcie de lui trouver un casse-croûte quotidien : ce n'est pas simple... si on ne veut pas acheter de granulés ou autre nourriture industrielle... il faut que notre production inclue le casse-croute du toutou...
or produire des protéines animales nécessite alors de passer par plus d'élevage... donc plus de production végétale (surface et travail) pour cet élevage...

le côté "éloignement des prédateurs" et "capture de mulots et campagnols" est cependant indéniable... (à condition que l'on trouve le bon chien) et si celui-ci n'est pas trop gros il ne nécessitera pas une trop grande quantité de nourriture... les proies qu'il peut capturer au courant de ses activités quotidiennes peuvent déjà composer une partie de son repas.

un autre problème auquel nous avions à faire face, ce sont les mâles soit touristes... soit d'un lointain voisin occasionnel (résidence secondaire) qui n'hésitait pas à faire un km et squattait devant notre porte le temps des chaleurs de notre toutouE... si l'on ne veut pas se retrouver avec une portée dont on ne saura que faire, et qu'il faudra peut-être tuer, il faut absolument prévenir le problème...