mardi 14 avril 2009

mes ruches

deux ont encore rendu l'âme cet hiver (une ruche alsacienne haute, et une de mes "ruches tronc" (sans cadres donc)... j'ai pu récupérer le miel de la ruche tronc qui en contenait pas mal (je mange tout, cire comprise et donc ne centrifuge pas ; d'ailleurs sans cadres on ne peut pas) ; dans l'autre ruche il y avait beaucoup d'eau et je crains que çà ne soit l'humidité et la condensation qui aient fait mourir les abeilles... mais sans en être sûr, toutefois ; à l'heure actuelle je ne suis pas trop motivé pour multiplier les ruches pour obtenir du miel, car j'ai entretemps des appréhensions et une espèce d'inhibition naturelle à les enfumer et à "récolter" (çà stresse et fait paniquer les abeilles, puisque l'on simule à chaque fois un incendie : elles se préparent au sauve qui peut... ce qui nous permet de leur prendre leur récolte).
et quoi que l'on fasse, même pacifiques, les abeilles ont tendance à se défendre lorsqu'on les importune.
je continue toutefois de réfléchir et chercher ce qui serait optimal en la matière... s'il y a quelque chose d'optimal...

en attendant je vais installer quand même l'une ou l'autre "ruche-nichoir" (je préfère les horizontales, car ocazou je peux quand même prélever un peu de miel, plus facilement qu'avec les troncs, je trouve) mais je vais les placer dans un endroit plus hospitalier : plus chaud et sec, rocheux un peu plus haut dans la montagne. cela permet aussi à un essaim en quête de logement de le trouver, sinon ce n'est pas grave et la ruche reste vide... ou occupée par quelqu'un d'autre... (attention si vous n'aimez pas les nids de guêpes qui pourraient y squatter)...

là où mes ruches se trouvent actuellement, l'endroit n'est pas génial car froid vraiment longtemps le matin et en début et fin de saison, mais humide aussi puisqu'il s'agit d'une prairie de joncs, reines des prés, saules et aulnes... carrément marécageuse par endroits : les abeilles n'aiment pas trop.

certains m'avaient demandé comment j'ai fabriqué mes ruches tronc. alors voici un essai d'explication. je les ai tout simplement bricolées avec des planches que j'avais sous la main (double couche car je n'avais pas assez épais et il faut au moins 5cm d'épaisseur dans notre climat en hiver, sinon la chaleur n'y est pas suffisamment gardée : je suis dans le NEst, et je suppose que dans le Sud on peut simplifier).

je me suis dit que les abeilles affectent les troncs d'arbre creux : je vais donc en faire une imitation... c'est simplement une caisse aux murs épais qui fait office de tronc creux. çà c'est faisable si on ne tient pas à récupérer de miel : de préférence avec un fond, un couvercle amovible pour le nettoyage en cas de mort de la ruche..

si on veut récupérer du miel il faut essayer de faire sur le modèle provençal :
c'est le même tronc, "amélioré" : il y a deux parties et une demi séparation entre les deux, environ à deux tiers de la hauteur. les abeilles construiront en quelque sorte sur deux étages et nous pourrons ouvrir le couvercle de la partie supérieure qui fait hausse et découper les rayons qui se trouvent dans ce premier étage. en pratique il est moins évident de retirer le miel sans faire un peu de casse... et mon modèle nécessiterait encore l'une ou l'autre amélioration comme un double plafond posé à l'intérieur et facilement retirable : en principe les rayons de cire y sont alors accrochés.

voici quelques photos :



la ruche du fond est habitée depuis quelques années, depuis que je l'ai construite et que j'y ai installé un essaim. la première, de même âge aussi, est morte cet hiver.

il y a donc un plancher grillagé (pour bien faire, le grillage devrait avoir des mailles un peu plus étroites pour éviter en hiver l'intrusion de rongeurs, mais de toute façon il est fait de trois couches de planches et j'y glisse, façon tiroir (en hiver) deux planches qui vont fermer le fond (la température descend à moins quinze degrés chez nous et les abeilles ne tiendraient pas sans cela ; je pense que dans des régions plus hospitalières on n'a pas besoin de fermer. on peut tout aussi bien faire un plancher carrément fermé puisque dans la nature les troncs d'arbres ne sont pas ouverts en-dessous... mais j'ai préféré aérer.













ensuite le rez de chaussée est posé. il fait deux tiers de la hauteur environ, puis le premier étage-hausse, et enfin le toit.
en fait j'avais prévu de simplement ôter la partie du dessus pour récupérer le miel mais çà n'a pas bien marché (trop de casse).











la dimension de l'ensemble c'est environ 75x50x45...

la dimension des ruches horizontales (ci-dessous) c'est environ 85x25x30 : j'aurais bien fait un peu plus grand mais je n'avais pas les planches adéquates...
celles-ci sont plus simples : une caisse longue avec couvercle devant et derrière amovible : çà permet d'alterner devant/derrière et de prendre un peu plus facilement quelques rayons de miel. pas d'étage, pas de croisillons, une seule pièce : un tronc couché.
bonnes explications ici : (scuses je ne sais pas faire des liens actifs)
http://www.gietaravu.com/miel/ruches.htm
http://www.gietaravu.com/miel/historique.htm




si vous placez des ruches nichoirs sans vouloir prélever de miel une simple boîte avec planche d'envol et petite ouverture est suffisante. un toit étanche, bien sûr. veiller à la placer comme il faut (ouverture pas vers le nord et pas à proximité d'un voisin ou d'un passage, ni d'en endroit où l'on travaille - dans un verger directement sous certains arbres, vous pouvez être embêtés si vous voulez récolter les fruits par exemple, les abeilles attaquent les intrus, s'ils insistent).

sachez aussi que vous ne serez pas tout à fait en règle, les ruches devant en principe être numérotées et déclarées afin qu'un agent puisse éventuellement y opérer un contrôle sanitaire. mais jamais eu ce genre de problèmes en vingt ans. pour bien faire il est aussi recommandé d'avoir une assurance, si jamais les abeilles s'en prenaient à quelqu'un... bref pas tout à fait simple, si on se pose des questions...

alors des alternatives intéressantes :

pour polliniser vous pouvez aussi offrir logement aux abeilles sauvages (elles sont solitaires, çàd ne vivent pas en essaims) bien de chez nous et aux bourdons : vous pouvez installer autant de nichoirs que vous voulez et ces espèces là étant très pacifiques et discrètes, ne vont en aucune façon vous importuner ou gêner.

il peut donc être intéressant par écologie et par éthique, de promouvoir de préférence la faune locale qui souffre aussi du manque d'abris, de la pollution et peut-être même de la concurrence de l'abeille...

(pour les nichoirs faire une petite recherche sur le Net "nichoirs abeilles" "nichoirs bourdons" "nichoirs insectes" j'y reviendrai aussi car je vais essayer d'en réaliser histoire d'expérimenter...

lundi 13 avril 2009

le grand bombyle est une mouche rondouillarde poilue comme un petit bourdon, et qui peut faire des vols stationnaires et butiner à la façon d'un colibri...
ce n'est pas vraiment un ami des abeilles (mais il en faut pour tout le monde) puisqu'il se reproduit en pondant ses oeufs à l'entrée des galeries de certaines guêpes et abeilles solitaires : lorsqu'elle éclôt, la larve s'enfonce dans la galerie et s'y installe en se nourrissant des larves qu'elle y trouve.
ici bombyle posé sur égopode.



nous avions vu le carabe granuleux, et voici un autre auxiliaire précieux au jardin, de la même famille, le carabe violet : ce sont de bons mangeurs de limaçons, entre autre... ils sont plutôt nocturnes.



l'ortie blanche va bientôt fleurir, en attendant ses boutons sont de mignonnes petites boules poilues...



y a quelque chose ?



ben oui et c'est bon : nectar de groseille à maquereau...

dimanche 12 avril 2009

au hit-parade





au hit-parade des plantes sauvages comestibles... depuis quelques semaines c'est

l'ortie et
l'égopode


qui figurent en tête.

chez moi en tous cas, car bien entendu ailleurs ce peut être différent : il faut voir ce qui pousse dans les environs dans des endroits relativement protégés, et que l'on peut cueillir, ou encore si c'est au jardin ou dans les alentours, ortie et égopode font partie de ces sauvages que l'on peut facilement favoriser afin qu'elle reviennent bien. les deux sont d'ailleurs plutôt des mauvaises herbes très envahissantes... ce qui est d'autant mieux...

les critères que je retiens pour faire ce classement c'est la grande fréquence de ces plantes : il y en a vraiment des tapis entiers que l'on peut facilement cueillir sans trop chercher et circuler. en outre ce sont des plantes sauvages qui sont bonnes au goût et permettent de faire des plats assez consistants et agréables à manger.

pour les orties je cueille les sommités, c'est à dire les pointes - juste le haut de la plante car elle est meilleure et tendre. et en pinçant avec deux doigts on ne se pique que rarement : les piqures d'orties c'est aussi une question d'habitude.

l'égopode (aegopodium podagraria) est aussi très présent chez moi : ses jeunes feuilles vert brillant et encore plissées peuvent être mélangées aux salades car elles sont très tendres et juteuses. plus avancées elles feront comme l'ortie, soupes, épinards, ou à l'étouffée ou poêlée dans un peu d'huile, etc...
elle fait des tapis par endroits et se reconnaît facilement une fois qu'on en a l'habitude, avec sa tige triangulaire, canelée dessus et ses longues racines traçantes.
ortie et égopode peuvent bien entendu être mélangés, et/ou complétés avec plein d'autres choses.








les prochaines à venir... elles sont d'ailleurs déjà là :

pissenlit
consoude
renouée bistorte
cirse maraîcher...



Joyeuses Pâques !

samedi 11 avril 2009

reines guêpes



elles sont arrivées et très affairées dans les groseillers à maquereau dont elles semblent adorer les fleurs : ce sont des guêpes un peu plus grosses que les guêpes ordinaires. ces reines ont passé l'hiver à l'abri et ce sont elles qui à présent vont chercher un emplacement pour démarrer un nouveau nid. c'est par la suite seulement, une fois qu'elles y auront pondu leurs premiers oeufs et élevé elles mêmes les premières ouvrières, que l'on commmencera à voir les vraies guêpes...

c'est toujours une reine qui démarre au printemps un tout nouveau nid. en automne tout le monde meurt et le nid vide est définitivement abandonné : seules les dernières guêpes écloses auront pour rôle d'être des reines qui vont hiverner quelque part bien à l'abri dans un grenier par exemple, puis émerger au printemps pour perpétuer l'espèce...



pas dérangées, elles sont inoffensives et utiles (elles capturent beaucoup de mouches pour nourrir leur progéniture qui est carnivore durant sa jeunesse...)
je ne détruits en général pas les nids : c'est toutefois maintenant qu'il faut un peu surveiller si on découvre une reine en train de construire son logement ; s'il est situé dans un endroit à passage humain ou animal, un endroit "à risque" il vaut mieux la faire déménager en détruisant son nid ou début de nid durant son absence. c'est relativement facile puisqu'au départ elle est toute seule. détruire par la suite un nid de guêpes populeux est plus délicat et parfois pas sans risque...

vendredi 10 avril 2009

basiques


j'ai commencé à préparer l'un de mes carrés à pommes de terre, en y creusant les sillons histoire de prévenir les campagnols qu'ils ont à déguerpir... :-)
je les recreuse plus tard encore au moment de la plantation (dans une ou deux semaines).

si l'on veut faire de la véritable autarcie il faut envisager la culture des basiques... et ce sont pourtant celles que l'on a tendance à cultiver le moins. il y a des raisons bien entendu : elles demandent plus de surface et leur place n'est pas vraiment au jardin, et l'agriculteur fait çà bien mieux et plus facilement avec ses machines, dans ses champs...

je m'intéresse beaucoup à la culture des basiques aussi car elles sont une part importante de notre alimentation. les plantes sauvages comestibles ont beau être très nombreuses, il n'est pas évident de se remplir l'estomac si on n'a pas quelque chose de plus consistant à y adjoindre ou à manger entre deux soupes ou deux plats d'épinards... c'est encore plus difficile lorsqu'il s'agit de nourrir tous les jours plusieurs personnes... et si tout le monde s'y met, les plantes sauvages alentour sont vite cueillies...

j'avais calculé un jour que pour moi, une personne par conséquent, si je veux manger environ 1kg de nourriture par jour - ce qui n'est pas énorme - il me fallait produire et stocker 400 kg pour l'année allant de l'automne (saison des récoltes) à l'automne suivant... (365kg plus la différence jusqu'à 400kg puisqu'il faut bien semences et replants pour l'année suivante) et le cas échéant c'est bien sûr à multiplier par le nombre de personnes au foyer : çà vous donne une idée de la production à réaliser et des silos à installer... pour une famille. il faut aussi distinguer les produits : un kilo de céréales n'équivaut pas du tout à un kilo de pommes de terre puisque cette dernière est pleine d'eau : pour bien faire il faudrait tenir compte de la matière sèche d'un aliment. c'est bien pour cela qu'il ne reste pas beaucoup de poids dans une plante sauvage comestible séchée par exemple... mais bien intéressante.

mes basiques c'est ce qui a souvent tendance çà servir de base à un repas : pommes de terre, mais aussi céréales (blé, orge, seigle, avoine, sarrasin, millet, et certaines autres encore, puis légumineuses comme pois et haricots...
je n'envisage pas le blé pour le pain mais pour être consommé tel que ou broyé ou encore concassé, ou un peu de farine pour lier ou confectionner des galettes. c'est bien plus simple que de faire du pain (qui nécessiterait de cultiver de très grosses quantités de blé, de le moudre puis cuire tout le temps le pain) et y on n'entre pas dans l'engrenage du "quoi manger avec ou mettre sur le pain"... qu'il nous faudra alors également produire.

mon problème de rongeur qui me mangent les céréales juste avant la récolte persiste mais je persiste aussi : l'environnement forestier est délicat pour la culture des céréales... sauf, comme je l'ai remarqué l'année dernière, celle du maïs, l'épi étant bien enveloppé. c'est donc plutôt lui que je vais développer (d'ailleurs il est agréable à cultiver et récolter à la main) en plus de mes habituelles cultures tests mais en petits échantillons, de tous les autres...
seigle, orge, avoine, sarrasin, millet, m'intéressent beaucoup mais comme dit... campagnols, mulots, rats des moissons... me posent problème pour l'instant. j'essaie cependant chaque fois des techniques un peu variées comme par exemple cette année de séparer beaucoup les lignes afin de laisser un champ pour les prédateurs mais aussi pour biner et déranger les rongeurs.

les prédateurs ne peuvent pas bien capturer les rongeurs si le sol est envahi de végétation ou si celle-ci (dans un champ de blé par exemple) est une couverture uniforme - une chouette ne peut pas atterrir ni décoller d'un champ de blé, un renard aura moins tendance à s'y enfoncer ou n'y verra rien, de sorte que les petits rongeurs y sont parfaitement à l'abri. de même dans un enchevêtrement de "mauvaises" herbes... il faut donc trouver autre chose...

enfin et si çà peut en rassurer certains, j'en suis au stade perpétuel de l'expérimentation et loin d'une production autarcique : j'achète plein de compléments chez un grossiste ou l'un ou l'autre agriculteur bio, mais j'essaie de ne pas acheter souvent et préfère une quantité de vrac, histoire d'apprendre à stocker et gérer les stocks pour les faire durer le temps qu'il faut... cela permet aussi de gagner pas mal de temps puisqu'on n'a pas à faire de courses...

ce midi par exemple c'est couscous avec verdure... tout en sachant bien qu'en autarcie je ne peux pas fabriquer de couscous... idem par exemple pour les pâtes alimentaires (que j'aime bien pourtant)... les éventuelles pâtes maison au blé tendre n'ayant rien à voir avec les pâtes industrielles à base de semoule de blé dur...

jeudi 9 avril 2009

saules

certains morceaux de clôtures avaient besoin d'une réfection : j'avais un peu tardé mais là il fallait à présent couper les rejets des saules avant qu'ils ne redémarrent vraiment...
la plupart de mes clôtures sont en grillage mais j'ai expérimenté quelques parties en tressage végétal... (en autarcie et dans un monde non industriel il n'y a pas de grillage ni de fil de fer : il faut donc se débrouiller sans, ce qui n'est pas évident surtout en raison de la longueur des clôtures nécessaires s'il faut abriter les cultures des dents du bétail et du gibier...)



l'extrémité est encore à terminer : c'est assez amusant à faire puisqu'il suffit d'enfiler les branches les unes après les autres, comme si l'on faisait un tissage. le côté plus fastidieux est la taille et la préparation des branches à la scie manuelle et au sécateur : mais il faut prendre son temps.
le saule au premier plan est l'une des branches... qui a pris racine... pour donner l'arbre que l'on voit... l'autre extrémité de cette clôture n'est pas encore terminé, au moment de la photo. du coup j'ai enfoncé un peu toutes mes tiges pour voir ce que çà donne : si elles veulent toutes devenir aussi grosses que la première çà risque de poser problème, mais on verra...



une vieille clôture qui pourrait encore tenir une année : ce type d'entrelacs verticaux a l'avantage d'empêcher les poules de voler par-dessus, parce que la clôture est assez haute. elle nécessite cependant trois traverses horizontales clouées, alors qu'un entrelac où les brindilles sont enfilées horizontalement ne nécessite aucune partie métallique : uniquement des piquets plantés - solidement - à intervalles réguliers dans le sol. il sera cependant plus bas...



brins de bonne taille pour faire de la vannerie, ici... je n'ai pas encore osé sérieusement : il faudra que je m'y mette, le panier et tout ce qui est récipient en osier étant un ustensile primordial en autarcie.
il faut dire que j'ai sous la main des amis gitans qui font çà de façon parfaite.
mais je vais quand même expérimenter pour apprendre.





une jeune clôture vivante qui deviendra grande, avec le temps...



on peut modeler comme on veut, au moyen de branches entaillées elles deviennent barrières horozontales vivantes...




le saule marsault, une fois que ses branches sont horizontales, fait quantité de rejets utilisables...


un jeune têtard, avant et après le coiffeur...
dans un monde rustique on a intérêt à faire un maximum d'arbres têtards (la plupart des essences s'y prêtent) car cela permet d'avoir quantité de bois de chauffage facile à couper, et beaucoup de bois pour les usages comme clôtures et vannerie, par exemple...