dimanche 13 avril 2008

les bourdons et les autres

et si l'abeille n'était pas si intéressante qu'on le dit ?

hier encore, à la radio : "nous avons des fruits et légumes grâce aux abeilles..."

il y a du vrai... mais ce qu'on ne nous dit pas :

- les abeilles (sociales domestiques) ne sont pas de chez nous : elles ont été importées et il n'y en avait pas avant ; elles vivent dans les pays chauds et ici elles ont besoin de nos abris et de nos soins : certes elles peuvent vivre bien sûr mais pas dans les conditions et dimensions qu'on leur donne aujourd'hui... et leur présence, ici, n'est pas indispensable.

- elles ont été sélectionnées et sont devenues des vaches à miel dans des élevages industriels au même titre que tout élevage industriel : mécanisé, chimique, nourries artificiellement au moyen de sucre industriel, fragiles, surpeuplées, manipulées, rentabilisées, et par conséquent dépendant de la technologie moderne.

- il y a beaucoup d'insectes pollinisateurs dans la nature, comme tous les hyménoptères sauvages, syrphides, coléoptères, mouches, papillons, bref énormément or l'abeille artificielle qu'est l'abeille sociale domestique les a évincés et a pris leur place... en prélevant une quantité très importantes de nectar pour la production de miel : il n'y a donc pas que la chimie qui contribue à faire régresser les populations naturelles de pollinisateurs mais bien aussi les élevages industriels d'abeilles : ils sont un outil de production de miel.

- si l'on voulait imager, les abeilles constituent en fait une armée d'enhavisseurs que l'on entretient artificiellement ou encore que l'on place brutalement dans un biotope au détriment des habitants locaux... (lors de transhumances par exemple)...
et la concurrence est déloyable : elles sont nourries et protégées durant l'hiver, ce qui leur permet d'exploser au printemps.
c'est un peu comme si vous essayiez de cueillir les champignons d'un endroit en même temps ou après que soient passés quelques autocars de cueilleurs... :-)
et c'est ce que doivent ressentir les bourdons, guêpes, frelons, coléoptères, papillons, lorsque des dizaines de ruches sont entretenues ou débarquent périodiquement déversant leurs milliers d'habitantes qui vont partir à l'assaut des sources de nectar et s'en emparer...

s'il y a une mauvaise saison il y a une mauvaise récolte de miel : on parle alors de disette pour les abeilles certaines années... mais qu'en est-il de tous les autres insectes qui vivent également du nectar des fleurs et qui se voient en concurrence avec des dizaines de milliers de cueilleuses assidues sur le même terrain ?

bon tout cela ne veut pas dire qu'il faut virer les abeilles domestiques, mais il faut voir l'apiculture de façon différente : ses réelles motivations, sa réelle incidence sur l'équilibre naturel... ces points me sont venus à l'esprit en entendant ces derniers temps les apiculteurs crier haro sur les guêpes, les frelons, les coccinelles... et d'autres "nuisibles"... du coup cela me fait voir l'apiculture... et mes quelques ruches... d'un autre oeil...

7 commentaires:

Imago a dit…

Réflexion intéressante !

Vu sous cet angle, le varroa est en fait un mécanisme naturel de rééquilibrage...

Je pense qu'il est intéressant d'avoir une ruche "primitive" dans son jardin pour disposer d'un peu de miel, par contre il faudrait tout faire pour favoriser les pollinisateurs sauvages.

Geispe a dit…

j'ai pensé à eux tout à l'heure : pluie, vent, froid... les pollinisateurs sauvages sont mis à rude épreuve par le climat actuel...
les abeilles quant à elles sont bien au chaud et à l'abri... avec leurs réserves...
du coup je réfléchis encore à la place des abeilles (de l'humain) dans le système naturel : pas évident de savoir jusqu'où peut aller l'ampleur de son empreinte... dans le cas des abeilles et du miel il y a une fourchette possible, l'extrême à partir de laquelle il faudrait démarrer les scénarios possibles... étant celle de se passer de miel : pas du tout impossible puisque c'est la thèse vegan... je pense cependant que dans une nature non endommagée et variée il devrait y avoir de la place pour tout le monde : mais aussi comme tu dis, une apiculture "primitive" est moins "déloyale" et dommageable qu'une apiculture "métropolis" :-)

Geispe a dit…

on en apprend tous les jours... sur un site consacré aux vergers, en faisant une recherche à propos de pollinisation, ils précisent qu'il est bon de faucher les fleurs printanières, en particulier le pissenlit, qui viennent dans les vergers, sans quoi les abeilles vont préférer le pissenlit aux fleurs des arbres fruitiers :-)

Raffa a dit…

C'est vrai que c'est une réflexion intéressante... Surtout pour des pays grand producteur comme la France. Ici en Belgique, l'apiculture est le fait d'amateur et tjs artisanale (et en régression), la transhumance n'est pas du tout généralisée. Dans nos jardins les abeilles sont présentes, mais ce sont surtout les maçonnes (ça tombe bien la Belgique est intégralement construite en briques lol). Les bourdons sont majoritaires.

Cela m'étonne que les abeilles préfèrent le nectar de pissenlits à celui des arbres fruitiers !

Je profite de ce premier message sur ton blog pour te remercier Geipse pour tout ce que tu partage depuis si longtemps ;)

vademecum a dit…

Bonjour Geispe, je trouve que tu y vas un peu fort sur les abeilles! Lorsque j'observe les récoltes de notre verger depuis que l'on a installé des ruches, il n'y a pas photo! Des arbres fruitiers qui donnaient très peu ou pas de fruits, se sont mis à produire beaucoup plus de fruits! Résultat on a gardé ces arbres, alors qu'avec la pollinisation naturelle, on songeait à les couper!! Chaque pollinisateur a ses fleurs préférées, par exemple, jamais on ne voit des abeilles sur des fleurs d'ombellifères, sur lesquelle on trouve syrphes et coléoptères. De même, les bourdons sont capable de polliniser certaines fleurs sur lesquelles les abeilles ne peuvent pas butiner car leur langue est trop courte. Et si le temps est couvert, les abeilles ne sortent pas, mais les bourdons et autres sont là... Il y a suffisamment d'espèces végétales pour tous les insectes. D'autre part, le butinage stimule la production de nectar, donc il n'y a pas que les abeilles qui en profitent. Durant des siècles les paysans avaient chacun quelques ruches, il y avait beaucoup plus d'abeilles dans nos campagnes que maintenant... étant donné que de plus en plus d'espèces se raréfient, notamment des pollinisateurs comme les papillons, ce n'est vraiment pas du luxe d'installer quelques ruches avec des abeilles régionales of course! Sur la question des races d'abeilles, nous sommes plusieurs personnes à avoir constaté que le miel produit par les abeilles de race type buckfast, avait un gout trop sucré et écoeurrant... alors qu'elles butinait le même espace que nos ruches! C'est à se demander si le fait de sélectionner des races toujours plus productives, finit par créer des abeilles qui font du mauvais miel!! Et ce serait envisageable, vu que l'élaboration du miel nécessite des enzymes salivaires, lesquelles correspondent à des gènes...Enfin, avec le contexte mondial de dépérissement des ruchers, ce n'est pas non plus un luxe de prendre soin de quelque ruches bio au fond de son jardin...

Geispe a dit…

il y a différentes choses : effectivement les fruitiers peuvent être moins pollinisés pour deux raisons : les butinieurs naturels sont absents ayant disparu... et les abeilles n'aiment pas vraiment butiner les fruitiers ; j'ai été étonné de ne pas en voir sur les fruitiers que j'ai visité alors qu'il y en avait sur les fleurs sauvages... et pourtant il y a plein de fruits ; je ne sais d'ailleurs toujours pas qui a pollinisé tout çà, mais je reprendrai mes observations d'un peu plus près au printemps prochain...
je pense que les siècles qui nous ont précédés ne peuvent être comparés à aujourd'hui : les butineurs naturels n'y étaient pas importunés et disposaient de ressources en masse, et l'apiculture de l'époque n'est pas comprabale à celle d'aujourd'hui, les ruches à cadre n'existant que depuis 1850.
bien sûr tout cela n'interdit effectivement pas d'avoir quelques ruches au fond de son jardin, la différence pouvant être la même qu'entre une agriculture industrielle et du jardinage individuel... d'ailleurs en bio ce n'est déjà pas évident puisqu'il ne faut pas traiter au moyen de chimie, ni donner de sucre pour l'hiver, par exemple... :-)

Anonyme a dit…

Je trouve qu'il y a dans cet article beaucoup d'erreurs et d'imprécisions :
- les abeilles ont toujours été présentes sur notre territoire, les gaulois buvaient déjà il y a plus de 2500 ans l'hydromel fait avec ... du miel de plus des traces d'abeilles ont été retrouvées il y a plusieurs milliers d'années, un époque où l'Homme aurait été incapable de la ramené de quelconque contrée du sud, tu fais peut-être allusion à certaines races d'abeilles venues d' Afrique pour améliorer la productivité de certains cheptel mais sache que ces abeilles reste très marginales et restent cantonnées a quelques ruchers souvent professionnels, dans la natures ces abeilles "hybrides" survivent effectivement très mal du fait du manque de soins de la part de l'Homme c'est pour cela qu'elles restent très marginales.

-comme je viens de le dire les abeilles sélectionnées sont très rares, il ne faut pas oublier que beaucoup de colonies vivent à l'état sauvage, j'en veux pour exemples le conservatoire d' Ouessant où des apiculteurs de l'Ouest de la France ont réussie à isoler des souches d'abeilles sauvages dites : "apis melifera melifera" ou "abeilles noires", ce sont des abeilles sauvages dont le patrimoine génétique n'a pas changer depuis plusieurs siècles car elles vivaient à l'état sauvage et les croisement entre ces dernière et les abeilles domestique était impossible puisque l'apiculteur avait pour but de détruire la colonie en même temps qu'il récoltait le miel, à cette époque toutes les colonies était sauvages. Cette époque n'est pas si lointaine certains pratiquaient ces méthodes il y a à peine 50 ans.

-Il y a très peut de concurrence entre les abeilles et les autres insectes pollinisateurs, ces n'est pas comparables. Les abeilles pollinisent certaines fleurs que d'autres de polliniseront pas du tout et inversement, cela dépend de l'appareil buccale par exemple les papillons ont une trompe qui leur permettra de récolter le nectar de certaines fleurs en l'aspirant, l'abeille, elle, a une langue elle ira donc chercher le nectar moins loin et les fleurs cible du papillon lui seront inaccessible, de même pour le bourdon qui pollinisera la tomate alors que l'abeille n'y touchera que très peu.

-Le nouricement est rare et dans une apiculture respectant aux maximum l'abeille il ne devrait pas avoir lieu, si jamais il est effectué c'est pour compenser le miel perdue pour les abeille lors de la récolte effectuée par l' Homme.

-il n'y a pas plus de concurrence en période de disette car chaque espèce pollinise des fleurs particulières.

-enfin le "haro" sur les frelons asiatiques et autres nuisibles comme le varroas est tout à fait justifié puisque contrairement aux abeilles ces espèces ont été importée par l'Hommme et menaces des populations endémiques, le frelon commun ne présente pas de menace en effet les abeilles savent ce défendre contre ce dernier.

En espèrant avoir éclaire certains points je vous remercie.
cordialement Pierre-Louis