lundi 7 juillet 2008

céréales (suite)

suite encore, de quelques idées et expériences de "basiques" :
(les très nombreuses variétés de chaque sorte de céréales qui ont été sélectionnées me font penser que les céréales d'un futur sans pétrole sont encore à inventer... car celles que nous connaissons aujourd'hui ont toutes été sélectionnées pour être cultivées, récoltées et traitées industriellement : c'est d'ailleurs la totalité du monde futur qui est à inventer et çà risque d'être passionnant...)

orge : cette année je n'ai pas semé d'orge ni de seigle : on peut pas tout faire, hein... :-) en fait j'étais pris pas plein de choses et ne suis pas arrivé à préparer la terre à temps, surtout qu'à certains moments les opérations de défrichage préalable ou d'enlèvement des mauvaises herbes demandent beaucoup de temps et d'énergie. et il faut d'abord que j'arrive à parlementer avec les rongeurs, car rien ne sert de semer si on se fait tout manger.

l'orge habituellement cultivée chez nous est plutôt destinée au bétail et à la brasserie, au succédané de café aussi... elle comporte une enveloppe coriace. elle se bat facilement et peut bien entendu aussi se manger. il faut de préférence la moudre en farine puis la tamiser.

celle qu'il serait intéressant de cultiver est l'orge nue : elle n'a pas l'enveloppe coriace et c'est en général elle que cultivent par exemple les tibétains pour leur tsampa (farine d'orge grillée)... le problème est qu'il est difficile de trouver des semences...

l'orge ne contient pas de gluten et on ne peut donc pas en faire une pâte qui "monte" mais elle est intéressante pour la manger en grains : "mondé" (çà en devient masculin :-) (le son extérieur est alors abrasé) il se mange un peu comme le riz, "perlé" il ne reste que le centre du grain et on le met surtout dans les potages... il est cependant presque impossible de monder ou perler l'orge manuellement, sauf à passer des heures à la rouler entre deux pierres... si j'en ai je fais essentiellement de la farine et des galettes, ou encore j'épaissis les potages.




seigle : le seigle a l'avantage de bien pousser presque partout et de facilement se battre dans une bassine par exemple... il est intéressant pour faire pain et galettes mais aussi pour sa longue paille avec laquelle on fabriquait plein de choses (liens, chaises, ruches, etc...)
le seigle ne contient pas beaucoup de gluten de sorte que l'on mélange souvent un peu de levain de blé si l'on veut faire un pain de seigle pas trop costaud...
mais comme toutes les céréales, si on veut faire simple, il peut se manger en grains ou moulu en farine.





avoine
: il faut semer l'avoine nue - qui se bat très facilement car elle n'est pas enveloppée, un peu somme le seigle. le problème est que pour l'instant je l'ai toujours trouvée très délicate à faire pousser... c'est une céréale intéressante car très calorique du fait de sa composition, agréable à manger en grains ou moulue ou encore écrasée (facile avec un moulin manuel) : comme elle est un peu tendre elle forme de petites paillettes ou flocons... elle permet aussi de faire un très bon lait d'avoine si on n'a pas de lait animal...
mon dernier semis n'est cependant pas du tout venu et j'ai dû semer une nouvelle série, d'une autre origine : je crois bien que l'on m'a vendu une avoine vieille et morte qui ne germe plus... quelques pieds sont venus... (elle était bio en plus...)





millet : j'en ai semé juste une plate-bande histoire de continuer d'expérimenter et de multiplier et adapter mes semences à l'endroit (c'est important) : çà pousse assez bien, juste un peu long au démarrage (çà ressemble à un petit maïs, mais ensuite çà fait de grandes grappes - pour le millet à grappes - car il y a aussi le millet à épis long et cylindrique, un peu comme une massette - c'est le millet que l'on trouve dans le commerce pour les perruches et canaris) par contre je ne me suis pas encore essayé au décorticage de ce tout petit grain riche en minéraux...
pour l'instant je travaille à multiplier mon stock de semences...





maïs : le maïs est intéressant car agréable à cultiver. c'est une vraie graminée adaptée à la culture manuelle car chaque grain (quand on le plante par exemple), chaque épi peut se manipuler aisément à la main... j'en ai mis pas mal cette année (maïs indien de biau-germe) car j'avais remarqué l'an dernier que mon maïs a quasiment été épargné par les rongeurs : apparement c'est une plante étrangère pour eux. espérons qu'elle le restera.
il a l'avantage aussi que l'on peut le planter dans presque n'importe quelle plantation puisqu'il monte en l'air (il ne nécessite pas beaucoup de place). ce qu'il nécessite et ce à quoi il faut veiller si on veut un résultat valable... c'est la richesse de la terre et suffisamment humidité : le maïs est exigeant sinon il reste chétif...

les indiens avaient l'habitude d'associer maïs, courges et haricots dans leurs cultures : je pense cependant qu'ils devaient avoir des haricots ne devenant pas trop grands : si je fais çà avec les miens les haricots vont faire s'écrouler le tout...
le maïs est aussi facile à décortiquer et à stocker.




sarrasin : polygonacée beaucoup cultivée en bretagne (le blé noir des galettes et la farine de sarrasin ou de blé noir) dans les pays de l'Est aussi (Russie, Pologne où le sarrasin est souvent grillé et s'appelle alors Kasha. il entre dans toutes les soupes en particulier celle du petit déjeuner... (à voir de ce côté là : une soupe - variable à l'infini - remplace souvent le petit déjeûner - faite la veille on la réchauffe le matin ce qui est plus rapide)
pas encore réussi à faire une culture correcte de cette jolie plante, je ne sais pourquoi. il semblerait aussi qu'elle soit délicate à récolter car les graines mûrissent au compte-goutte et pas toutes simultanément.
c'est le genre de mystère puisque selon les régions nos anciens en faisaient énormément...








amarante : plante intéressante parce que pousse très facilement... mais çà fait de tout petits grains... par contre bien protéinés de sorte que l'amarante est un peu différente des graminées à glucides, au niveau du goût et de la consistante (elle devient un peu gélatineuse). l'amarante sauvage - queue de renard - peut être vraiment envahissante dans un jardin : ses grains sont un peu minuscules mais elle fait de bons épinards...
j'ai cette année des plate-bandes entières envahies par l'amarante sauvage alors que le sarrasin que j'ai semé n'est pas venu je ne sais pourquoi : du coup je vais tester la monoculture d'amarante sauvage... on verra bien si je peux en tirer des grains. idem pour l'une ou l'autre plate-bande à "pied de coq" autre graminée sauvage à petit grain extrêmement envahissante. en cas de nécessité il peut être utile d'avoir des plantes mangeables qui prolifèrent...




sinon il reste encore des "basiques" glucides un peu différents que sont les pommes de terre et topinambours :

la pomme de terre : certains la discutent du point de vue diététique et elle a peut-être aussi l'inconvénient de "donner faim". mais elle a le grand avantage de pouvoir être cultivée facilement et de pousser toute seule, de bien donner ensuite : pour des raisons de sécurité... et par gourmandise... j'en plante pas mal.(un are à deux c'est largement suffisant pour moi, mais mes rendements ne sont jamais des records) facile à planter entretenir et récolter. et très bonne à cuisiner de façon variée.
sensible au mildiou et aux doryphores, parfois mais dans l'ensemble çà passe... (d'ailleurs il faut que çà passe : je ne fais jamais de traitements, même naturels) il ne faut pas cultiver que çà (comme semblent l'avoir fait les Irlandais lors de leur grande famine)
en tous cas elle figure en bonne place dans mes "basiques"



topinambour : il est aussi intéressant car il pousse tout seul, peut constituer un appoint important et permettre de varier le menu. il faut juste ne pas avoir trop de rongeurs car chez moi ils ont liquidé la quasi totalité de mes topinambours (une belle ligne de 15m de long) j'ai cependant quelques rescapés qui revienne... et qui me permettent de recommencer la culture.

la plaie des campagnols semble être nouvelle (année à campagnols, donc périodique ?, ou changement climatique ?) faut observer sur la durée comment cela va évoluer...

l'inuline (sucre=hydrate de carbone) un composant des topinambours peut poser des problèmes de digestion : elle n'est pas digestible par les enzymes de l'intestin qu'elle transite avec quelques symptômes désagréables, mais elle est ensuite utilement transformée dans le colon... il faut donc "faire avec" si on ne supporte pas ou mélanger les topinambours à d'autres choses... question d'habitude.







exemple de "sauvage", Echinochloa crus-galli (panic pied-de-coq) peut devenir très envahissant...
mais se mange, (c'est une sorte de millet sauvage) comme d'ailleurs bien d'autres graines sauvages sur lesquelles je reviendrai peut-être car il y en a quelques unes avec lesquelles on peut faire de la farine. et une fois qu'elles sont là on a du mal à les empêcher de pousser :-)

j'ai omis aussi de citer le quinoa que nous avions essayé il y a un moment. il ressemble carrément à un chénopode. je le garde "sous le coude" car il a l'air de pousser très bien mais celui que nous avions cultivé s'est fait manger assez rapidement par je ne sais quels insectes : c'est souvent le cas lors de nouvelles introductions... soit personne n'en veut, soit tout le monde saute dessus :-)
mais il est possible aussi que l'endroit, ou les conditions de saison, n'aient pas été adéquats...

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Attention : l'orge est bien une céréales "à gluten"; en ce sens que, bien que ne levant pas, elle contient de l'hordéine, protéine allergisante pour les malades coeliaques, au même titre que l'alphagliadine du blé.
Les céréales à prolamines allergisantes sont : blé, engrain, gd épeautre,kamut, seigle, avoine, orge.
Alors que millet, maïs, sarrasin, quinoa paraissent tolérés par la plupart des allergiques.

Geispe a dit…

effectivement j'ai trouvé çà sur un site allemand et j'ai l'impression qu'ils font la disctinction entre divers types de gluten ("Klebereiweiss") allergisants ou non, et nécessaires à la levée ou non... merci de la précision.

kristen a dit…

Merci pour ce genre d'articles encyclopédiques et pratiques. C'est vraiment très précieux.

Je vais bientôt écrire mon expérience de ma première moisson de seigle : un grand moment de débutance...

Anonyme a dit…

Pour les mulots, j'ai semé il y a quelques année de l'euporbe officinale dans le jardin, ça a l'air de les faire fuir, c'est un peu envahissant et ça se resème tout seul. Cette année j'ai un peu trop bêché à l'automne, je n'ai plus qu'un ou deux petits plans, les mulots sont revenus et ont mangé la moitié de mes pommes de terre. Les autres années, je bêchais autour et avais visiblement moins de problème.

Merci pour ce sîte très instructif.

Dom.

Geispe a dit…

certaines grandes euphorbes sont censées effectivement éloigner les rongeurs. mais ils ont tendance à slalomer autour, je trouve... :-)
(elles ne sont pas officinales, je pense, car plutôt vénéneuses ?)
bêcher autour peut être intéressant car çà les dérange dans leurs habitudes, tout comme sarcler ; je démolis leur galeries là où je peux et je ne laisse pas trop de "désordre" de mauvaises herbes car cela les empêche de se mettre à l'abri face aux rapaces et autres prédateurs...
je continue d'expérimenter mais pour l'instant là où j'ai une taupe qui s'est installée les campagnols semblent avoir disparu... enfin j'touche du bois :-)

Fran7457 a dit…

En ce qui concerne l'invasion des topinambours et patates par les rongeurs, j'ai lu recemment sur un site internet que les feuilles de noyer, enterrees dans une tranchee autour des cultures, feraient merveille, alors bonne chance! Merci pour les infos et bravo pour les belles photos!