lundi 5 mai 2008

méloé, ma grosse...



le méloé est encore un de ces petits miracles de l'évolution...
ici une femelle impossible à confondre avec n'importe quoi d'autre : son abdomen est gonflé d'oeufs au point d'avoir l'air d'exploser... elle ressemble à un véritable semi-remorque :-)

non satisfait de son aspect particulièrement voyant, ce petit engin s'est compliqué la vie pour se reproduire (et je résume): la femelle dépose de petits paquets d'oeufs dans des trous qu'elle a creusés dans le sol ; il va en éclore de petites larves d'environ 1mm du nom de "triongulins"(leurs pattes ont l'air d'avoir trois griffes ou ongles). Ces triongulins savent qu'ils vont devoir grimper sur une fleur et s'y mettre à l'affût. Ils n'ont pas besoin de s'alimenter. Si une abeille vient à butiner la fleur, notre triongulin va s'agripper aux poils de l'insecte... et se faire emporter incognito, en passager clandestin.
Mais... notre triongulin ne peut survivre que dans la cellule d'une abeille solitaire : si par hasard il s'est agrippé aux poils d'une abeille sociale (l'abeille domestique qui va aller dans sa ruche) ou d'un bourdon... c'est loupé et son itinéraire s'arrête là : il est condamné à mourir.
celui qui a par hasard est tombé sur une abeille solitaire se retrouve au bon endroit : il va profiter de la situation pour quitter l'abeille d'un bond au moment où celle-ci pond son oeuf dans une cellule préalablement remplie de miel. L'abeille obture ensuite sa cellule.
Notre triongulin va commencer dans sa petite maison, par manger l'oeuf de l'abeille,
puis il va faire une première métamorphose pour se changer. Il va se transformer en une larve d'aspect tout différent. Ce triongulin devenu alors un petit ver blanc va manger la réserve de miel... et ensuite quitter la cellule de l'abeille. Il se transforme alors encore une fois en une larve d'aspect encore différent. cette larve va rester accrochée à la mue qu'elle vient de quitter et va passer l'hiver à cet endroit, sans bouger. Elle rechange d'habit au printemps suivant, puis va s'immobiliser en une puppe à partir de laquelle finit par éclore le nouveau coléoptère méloé de la génération suivante...
2000 à 4000 oeufs sont nécessaires pour parfaire ce processus et faire en sorte que juste quelques coléoptères nouveaux puissent assurer la relève : c'est cela qui explique la taille de l'abdomen d'une femelle de méloé...
la nature a tout prévu :-)

3 commentaires:

Anonyme a dit…

c'est fascinant!
merci pour ce cours de biologie :)

Pescalune a dit…

Merci pour ce récit très instructif et fascinant !
Si je croise "une grosse méloé" je ne la regarderai plus de la même façon c'est sûr ....

Yves d'oléocène a dit…

J'en avais croisé une mais je n'étais pas sûr, alors il y a quelques jours, quand j'ai vu la bestiole sur mon terrain, je l'ai bien "mémorisée" et là, pas de doute possible.
Bravo pour tes photos !