samedi 9 février 2008

lamproies


et lorsque l'on "recreuse" les rigoles, ou que l'on vide les parties un peu stagnantes qui passent sous la maison (c'est un ancien moulin scierie hydraulique), on déloge à chaque pelletée... une ou deux petites lamproies... je passe un certain temps à les attraper ensuite dans la vase versée dans ma brouette ou reversée dans le jardin (cette vase constitue un bon terrain de culture et je la mets sur les plate-bande neuves ou anciennes). çà fait un peu mal au coeur de voir les petites lamproies se tortiller sur le sol où elles finissent par mourir... hop dans un bocal et retour dans le ruisseau... les poules qui ont leur enclos à l'arrière de la maison ne font cependant pas de quartier dans le ruisseau qui y passe : elles ont appris à patauger dans la vase, à la gratter... et elles se gavent des lamproies qu'elles y trouvent : çà leur fait un bon repas car une telle lamproie a quand même la taille d'un petit orvet... l'histoire des lamproies est très bizarre... en réalité ce que j'attrape semble être leurs larves appelées "Ammocoetes" en latin... et il paraît qu'elles n'ont que des yeux extrêmement petits, pas de bouche mais une sorte de lèvre au moyen de laquelle elles fouillent la vase dans laquelle elles sont entièrement immergées... elles y capturent du petit plancton comme bactéries, diatomées et autres organismes microscopiques en filtrant l'eau respiratoire. mais ce n'est pas tout : la lamproie de rivière (lampetra fluviatilis) émigre en fin d'été et au printemps de la mer jusque dans les cours d'eau douce ; elle y hiberne et y atteint sa maturité. elle ne mange plus et son intestin dégénère. elle va pondre de février à juin puis elle meurt. les oeufs éclosent et donnent des larves (donc celles qui sont chez moi) qui vivent dans la vase comme un ver. pendant 3 à 5 ans et jusqu'à 10 ans. Après une métamorphose, quand elle a 10 à 15 cm... elle retourne à la mer, où elle reste un ou deux ans. elle subsiste dans la mer en y suçant le sang des harengs, morues, etc... un peu à la manière d'une sangsue... ou en mangeant des charognes... puis le cycle recommence... je vais encore les regarder à la loupe prochainement mais il me semble bien que j'ai à faire à la lamproie de rivière... car il y a encore une petite lamproie de Planer : son dessin ne correspond cependant pas, et celle-là semble être sédentaire dans les rivières d'eau douce, alors que sa collègue est capable de voyager très loin, et de se transformer au point de pouvoir vivre en passant de l'eau douce à l'eau de mer et inversement... bref la nature a bricolé de drôles de choses...

(édit : ce serait apparemment quand même de la lamproie de planer - qui ne dépasse pas 10 à 20 cm et reste toujours dans les ruisseaux d'eau douce)

1 commentaire:

Isabel a dit…

Magnifique histoire que tu nous raconte là!
Je te l'accorde, la nature est extraordinaire, tellement complexe et tellement belle!
Je ne cesse de m'émerveiller ces temps ci :)